THE HONEYDRIPPERS
Royaume-Uni · Né(e) / formé(e) : 1981
Un supergroupe inattendu autour de Robert Plant
Difficile d'imaginer le chanteur de Led Zeppelin, l'une des voix les plus puissantes du rock, se lancer dans un projet de reprises rock'n'roll des années 50. C'est pourtant le pari fou que relève Robert Plant au début des années 80 avec The Honeydrippers. Formé en 1981 dans le Worcestershire, en Angleterre, ce groupe pas comme les autres rassemble des musiciens de talent autour d'une même passion : rendre hommage aux racines du rock et du rhythm and blues. Le nom du groupe s'inspire d'ailleurs d'un surnom célèbre de Joe Turner, légende du blues, ce qui donne immédiatement le ton de l'aventure.
Des scènes intimistes au succès international
À ses débuts, The Honeydrippers se produit dans de petites salles britanniques, loin de l'immense machine Led Zeppelin. Robert Plant y prend un plaisir évident, celui de chanter sans pression, porté par un répertoire de standards qu'il adore depuis l'enfance. Le projet prend une tout autre dimension en 1984 avec la sortie de l'album « The Honeydrippers: Volume One ». Pour l'occasion, Plant s'entoure de pointures : Jimmy Page, son complice de toujours, le guitariste Jeff Beck, mais aussi Nile Rodgers ou encore Paul Shaffer. Porté par le single « Sea of Love », qui grimpe dans les charts américains, l'album rencontre un joli succès public et critique. Le titre « Rockin' at Midnight » confirme cette énergie communicative, entre nostalgie et fête.
Le rock'n'roll des origines, entre hommage et plaisir partagé
Musicalement, The Honeydrippers ne cherchent ni la démesure ni l'innovation technique. Le groupe revisite avec tendresse le rock'n'roll des années 50, le jump blues et la soul naissante, dans des arrangements sobres et chaleureux. La voix de Robert Plant, plus douce et nuancée que sur les sommets de Led Zeppelin, se glisse avec bonheur dans ces mélodies intemporelles. Cette démarche rappelle à quel point les grands noms du rock britannique doivent aux pionniers américains. Loin d'être anecdotique, ce projet révèle une facette plus intime et ludique d'une légende du hard rock, et prouve que la musique peut rester un terrain de jeu, même au sommet de la gloire.
Un héritage discret mais précieux
The Honeydrippers se séparent en 1985, après seulement quelques années d'existence et une poignée d'enregistrements. Le groupe n'a jamais donné de véritable tournée à grande échelle, ce qui ajoute à son statut de curiosité culte. Pourtant, son héritage demeure : celui d'un projet sincère, né de l'amitié et de l'amour du rock originel. Pour les fans de Robert Plant, écouter The Honeydrippers, c'est découvrir un artiste libéré des attentes, simplement heureux de chanter les chansons qui l'ont fait rêver. Une parenthèse rare et précieuse dans l'histoire du rock britannique.