NAT GONELLA
jazz · Royaume-Uni · Né(e) / formé(e) : 1908-03-07
Une trompette qui swingue sur Londres
Nat Gonella est l'une de ces figures qui ont donné au jazz britannique ses lettres de noblesse. Né le 7 mars 1908 dans l'East End de Londres, ce trompettiste, chanteur et chef d'orchestre a consacré sa vie à un genre alors considéré comme une curiosité venue d'Amérique. Pendant plus de soixante ans, sa sonorité chaleureuse et son enthousiasme communicatif ont fait de lui l'un des artistes les plus aimés du public britannique, jusqu'à sa disparition le 6 août 1998.
Des fanfares de quartier aux grandes scènes
Fils d'un musicien amateur, Nathaniel Charles Gonella grandit dans un Londres où les orchestres de rue et les bals populaires rythment la vie quotidienne. Il apprend d'abord le cornet dans une fanfare de jeunes, avant de se tourner vers la trompette et de se passionner pour les disques de Louis Armstrong, dont il devient un admirateur fervent. Dans les années 1930, il rejoint l'orchestre de Billy Cotton puis celui de Lew Stone, où son jeu éclatant et son sens du rythme attirent rapidement l'attention. Sa reprise de « Georgia on My Mind » devient un véritable phénomène et lui ouvre les portes d'une carrière en solo.
Le swing à l'anglaise et l'ère des Georgians
À la tête de ses Georgians, Nat Gonella impose un style bien à lui : une trompette inspirée du jazz de La Nouvelle-Orléans, mais servie par une énergie toute britannique et un goût prononcé pour la mélodie. Il enregistre des dizaines de titres qui deviennent des succès populaires, se produit dans les plus grandes salles du Royaume-Uni et participe à des émissions de radio qui le rendent familier dans chaque foyer. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il continue de se produire pour divertir les troupes et le public, consolidant sa réputation d'artiste généreux et infatigable. Son répertoire mêle standards américains, chansons anglaises et improvisations endiablées, ce qui lui vaut l'estime de ses pairs comme du grand public.
Un héritage toujours présent dans le jazz européen
Après-guerre, Nat Gonella poursuit sa route avec la même passion, adaptant son jeu aux nouvelles modes sans jamais renier ses racines. Il se produit jusque dans les années 1980 et 1990, notamment lors de festivals de jazz traditionnel où il est accueilli en véritable légende. Sa disparition en 1998 marque la fin d'une époque, celle des pionniers qui ont fait découvrir le jazz au public européen. Aujourd'hui, ses enregistrements continuent d'être rediffusés et redécouverts par les amateurs, et son nom reste associé à l'âge d'or du swing britannique. Nat Gonella incarne cette passerelle essentielle entre le jazz américain et la scène européenne, un pont musical dont l'écho résonne encore dans les clubs et les ondes.