JEAN‐BAPTISTE LULLY
De Florence à Versailles : l’ascension d’un prodige
Imaginez un jeune Italien débarquant à la cour de France au XVIIe siècle, armé de son seul talent et d’une ambition dévorante. Jean-Baptiste Lully, né Giovanni Battista Lulli le 28 novembre 1632 à Florence, est ce danseur virtuose qui va révolutionner la musique française. Arrivé à Paris en 1646, il attire rapidement l’attention de Louis XIV, alors âgé de 14 ans. Leur rencontre est décisive : le Roi-Soleil, passionné de danse, fait de Lully son compositeur attitré. En 1661, Lully obtient la nationalité française et prend la tête de la Musique royale. Son génie de l’organisation et son sens du spectacle lui permettent de devenir le maître incontesté de la vie musicale à Versailles.
L’architecte de l’opéra français
Lully ne se contente pas de briller à la cour : il invente un genre nouveau, la tragédie lyrique, qui marie le chant, la danse et la mise en scène dans un ensemble grandiose. Avec son librettiste attitré Philippe Quinault, il compose des œuvres comme « Cadmus et Hermione » (1673) ou « Atys » (1676), qui établissent les canons de l’opéra français. Sa musique, caractérisée par des rythmes précis, des mélodies élégantes et une orchestration soignée, reflète l’ordre et la pompe de la cour. Lully impose également l’utilisation de la « tragédie en musique » comme divertissement royal, et son influence s’étend à toute l’Europe. Il n’hésite pas à utiliser son pouvoir pour éliminer ses rivaux, comme Molière avec qui il avait pourtant collaboré. Sa mainmise sur l’Académie royale de musique lui assure un monopole sur les productions lyriques parisiennes.
Un héritage qui traverse les siècles
La fin de Lully est aussi spectaculaire que sa vie : en 1687, alors qu’il dirige un « Te Deum » pour la convalescence du roi, il se blesse au pied avec sa canne de direction. La gangrène s’installe et il meurt le 22 mars 1687. Mais son héritage est immense : il a fixé les règles de l’orchestre moderne, inventé la forme de l’ouverture à la française et posé les bases de l’opéra national. Aujourd’hui encore, les ensembles baroques du monde entier interprètent ses œuvres, et son influence se retrouve chez des compositeurs aussi divers que Rameau, Gluck ou même Debussy. Jean-Baptiste Lully reste le symbole de la grandeur musicale du Grand Siècle, un artiste dont le génie a façonné le paysage sonore de la France pour des générations.
Discographie 30 releases
Proserpine [Opera]
Leçon de Ténèbres
Roland
Les Divertissements de Versailles
Les songes agréables d'Atys
Le Bourgeois Gentilhomme
Ballet Royal de Flore
Lully ou le Musicien du Soleil Vol. II
Grands Motets, Vol. 3: Benedictus / Notus in Judæa Deus
Grands Motets, Vol. 2: Quare fremuerunt / O Lachrymae / Dies irae / De profundis
Cultura
Trios pour le coucher du Roy
L’Orchestre du Roi Soleil : Symphonies, Ouvertures & Airs à jouer
L'Idylle sur la Paix de Jean Racine
The World of Lully
Acis et Galatée
Ballet Music for the Sun King
Grands Motets, Vol. 1: Te Deum / Miserere / Plaude lætare Gallia
Phaëton
Armide
Alceste (La Grande Écurie et la Chambre du Roy, Compagnie Barocco & Ensemble Vocal Sagittarius feat. conductor: Jean-Claude Malgoire)
Les caractères de la danse
Divertissements
Petits motets
Atys
Pièces de Jean-Baptiste Lully élaborées pour clavecin par Jean-Henry D'Anglebert
Grands Motets
Lulli: Musique de scène du Bourgeois Gentilhomme / Charpentier: Musique de scène du Malade Imaginaire
Lully: Pièces de Symphonie
Arias from Baroque Operas
