HATARI
aggrotech, eurovision, eurovision 2019, futurepop, industrial techno · IS · Né(e) / formé(e) : 2015
Hatari, le phénomène islandais qui bouscule les codes
Si vous avez suivi le concours Eurovision de la chanson en 2019, vous vous souvenez forcément de Hatari. Ce groupe islandais, formé à Reykjavík en 2015, a débarqué sur la scène internationale avec une énergie brute, des masques intimidants et un message politique sans concession. Mélangeant provocation artistique et musique électronique agressive, Hatari a marqué les esprits bien au-delà de l'Islande. Retour sur le parcours d'un collectif qui a transformé le concours en tribune engagée.
Des débuts underground à Reykjavík
Hatari voit le jour en 2015 dans la capitale islandaise, porté par un collectif d'artistes désireux de bousculer les conventions. Le nom du groupe signifie "haine" en islandais, un choix assumé qui donne immédiatement le ton. Leur univers visuel, fait de masques, de cuir et de symboles provocants, s'inspire autant de la culture industrielle que de la scène BDSM. Très vite, Hatari se fait connaître dans les clubs et festivals alternatifs d'Islande, où leur mélange explosif de technologie et de performance théâtrale attire un public curieux et fidèle. Leur réputation grandit grâce à des concerts intenses, où la musique et le message politique ne font qu'un.
Eurovision 2019 : le coup d'éclat
C'est en 2019 que Hatari accède à une notoriété mondiale en représentant l'Islande à l'Eurovision avec le titre "Hatrið mun sigra" ("La haine prévaudra"). Leur prestation, à la fois fascinante et dérangeante, divise le public et les jurys, mais propulse le groupe en finale. Ils y terminent à la dixième place, un résultat honorable pour un acte aussi radical. Mais c'est surtout leur geste politique pendant la soirée, en brandissant des banderoles en soutien au peuple palestinien, qui fait la une des médias. Hatari réussit alors l'exploit de faire parler de l'Islande et de ses combats sur la plus grande scène musicale d'Europe, tout en restant fidèle à son esthétique provocatrice.
Un style à la croisée de l'industriel et de la pop
Musicalement, Hatari puise dans l'aggrotech, le futurepop et la techno industrielle. Leurs morceaux mêlent beats puissants, synthés saturés et voix tantôt hurlées, tantôt mélodiques. Cette fusion donne naissance à un son sombre et dansant, qui rappelle autant les clubs berlinois que la scène électro islandaise. Le groupe revendique un héritage anticapitaliste et une critique féroce des dérives du pouvoir. Leur musique, bien que niche, a trouvé un écho auprès d'un public jeune en quête de sens et d'énergie. Hatari n'a jamais caché son ambition : utiliser la pop comme arme de contestation massive.
L'héritage d'un groupe qui a marqué son époque
Bien que Hatari ne soit plus actif aujourd'hui, son influence reste palpable. Le groupe a ouvert la voie à d'autres formations islandaises désireuses de mêler musique et engagement politique. Leur passage à l'Eurovision a prouvé que le concours pouvait être autre chose qu'un simple divertissement. Aujourd'hui, les membres poursuivent des projets personnels, mais le souvenir de leurs performances incandescentes demeure. Pour les amateurs de musiques électroniques industrielles, Hatari reste une référence incontournable, un ovni qui a su transformer la provocation en art et la scène en tribune. Une leçon de liberté artistique, à redécouvrir sans modération.