ANOTHER BAD CREATION
Des gamins de l’Atlanta à la scène nationale
Au début des années 1990, alors que le R&B new jack swing dominait les ondes, un groupe de jeunes garçons d’Atlanta, en Géorgie, a fait irruption sur la scène musicale avec une énergie contagieuse. Another Bad Creation, souvent abrégé en ABC, était composé de Romell « Big Rell » Chapman, Demetrius « Meechie » Pugh, Chris « C.J. » Sellers, Gary « Gizmo » Grice, Adrian « Lil’ Man » Scott, et David « D-Lowe » Loe. Leur moyenne d’âge avoisinait les 13 ans, ce qui leur a valu le surnom de « mini-jacksons du R&B ». Découverts par le célèbre producteur Michael Bivins (membre de New Edition et Bell Biv DeVoe), ils ont rapidement signé sur le label Biv 10 Records, une filiale de Motown. Leur jeunesse et leur talent brut ont séduit un public avide de nouvelles sensations dans un genre musical en pleine effervescence.
Le tube planétaire « Iesha » et l’album culte
En 1990, Another Bad Creation sort son premier album, « Coolin’ at the Playground Ya’ Know! », qui devient un succès commercial. Le single phare, « Iesha », est un véritable hymne adolescent : avec son refrain accrocheur et ses pas de danse syncopés, il atteint la 9e place du Billboard Hot 100 et se classe numéro un des charts R&B. Le titre, qui raconte une histoire d’amour juvénile, reste aujourd’hui un classique des années 90. D’autres morceaux comme « Playground » et « A.B.C. » confirment leur popularité. L’album se vend à plus d’un million d’exemplaires, décrochant un disque de platine. Le groupe enchaîne les premières parties de stars comme Janet Jackson et Boyz II Men, et participe à des émissions télévisées mythiques. Leur style vestimentaire – casquettes, bombers et baggy pants – influence toute une génération de jeunes fans.
Un style musical entre innocence et maturité précoce
Musicalement, Another Bad Creation incarne le new jack swing, mélange de R&B, de hip-hop et de funk, porté par des beats électroniques et des harmonies vocales soignées. Leurs textes, bien que simples, parlent de la vie de quartier, des amitiés et des premiers émois amoureux, avec une fraîcheur qui les distingue des groupes plus âgés. Leur chorégraphie, inspirée des boys bands de l’époque, ajoute une dimension visuelle à leur succès. Malgré leur jeune âge, ils font preuve d’un professionnalisme remarquable, portés par la production de Michael Bivins et des membres de Bell Biv DeVoe. Leur musique a ouvert la voie à d’autres groupes d’enfants comme Immature ou B2K, et a marqué le début de la vague des « kid groups » dans les années 90.
L’héritage d’un groupe éphémère mais mémorable
Après le départ de certains membres et des difficultés à gérer l’adolescence sous les projecteurs, Another Bad Creation sort un deuxième album en 1993, « It Ain’t What U Wear, It’s How U Play Ya’ Card », qui ne rencontre pas le même succès. Le groupe se sépare peu après, chacun poursuivant des voies différentes. Aujourd’hui, leur musique continue de résonner sur les plateformes de streaming et dans les playlists nostalgiques. « Iesha » reste un tube indémodable, régulièrement diffusé sur les radios spécialisées dans les années 90. Bien que leur carrière ait été brève, Another Bad Creation a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du R&B, rappelant une époque où la jeunesse et la bonne humeur régnaient sur les dancefloors. Leur histoire est celle d’un rêve américain version kid, où des gamins ordinaires sont devenus des stars le temps d’un playground.
Discographie 4 releases
Grady Baby Compilation E.P.
It Ain’t What U Wear, It’s How U Play It
Coolin at the Playground Ya Know!
Iesha
